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MONGOLIE  janvier 2013-octobre 2014

L'illusion mongole...

 

Après mon expérience kirghize éprouvante à bien des points de vue, je suis arrivée en Mongolie comme libérée d’un poids énorme. Et contrairement au Kirghizstan, je connaissais déjà le pays et y avais des contacts, donc mon arrivée à Ulaan Baatar fut relativement facile.

Rapidement une jeune femme mongole, rencontrée lors de mon premier voyage en 2009, s’est rapprochée de moi pour que je l’aide à développer son agence de voyage. Elle m’a aidée à obtenir un permis de séjour de volontaire non-salariée me permettant ainsi de pouvoir rester en Mongolie de manière légale. Mais pour subvenir à mes besoins, c’est au noir que j’allais travailler durant les 18 mois de mon séjour en Mongolie, tantôt comme prof d’allemand pour une petite école de langues, tantôt comme prof de français en donnant des cours privés, mais aussi en tant qu’agent de voyage. J’ai appris beaucoup en travaillant dans cette agence de voyage et j’ai énormément découvert ce pays trois fois grand que la France. J’ai rencontré beaucoup de familles nomades et partagé avec eux un peu de leur vie et chacun d’eux m’a enseigné quelque chose d’essentiel sur la vie : savoir vivre avec juste ce qui est nécessaire, comprendre que le bonheur n’est pas une quête mais un enchaînement de petits faits à savourer chaque jour, et surtout l’attachement à une terre, à des racines.

Mais très vite cette situation s’est avérée aussi inconfortable que ce que j’avais vécu et fui au Kirghizstan ! Mais le but de mon séjour en Mongolie était tout autre : j’étais dans ce pays afin de poursuivre mon initiation chamanique. C’est ce que j’ai fait… de manière parfois un peu étrange. Et cet enseignement m’a menée jusqu’en Sibérie sur les bords du lac Baïkal où j’ai rencontré le chaman le plus humble et honnête qu’il m’ait été donné de croiser. Les deux jours passés en sa compagnie et le rituel fait ensemble ont été l’une des plus belles leçons de vie que j’ai reçue. Et jusqu’à aujourd’hui je garde dans mon cœur un souvenir toujours ému de Boris et de sa famille.

Bref, en Mongolie j’ai réalisé que là aussi quand on est Occidentale, les locaux cherchent toujours à voir de quel moyen ils peuvent vous utiliser.

Donc après ces 18 mois en Mongolie, je suis rentrée en Europe déçue, épuisée et avec juste 200 euros en poche.

Malgré toutes ces difficultés, je garde de la Mongolie ces merveilleux moments d’intense liberté dans la steppe, cette nature encore vraiment sauvage dans laquelle on se sent tout petit, mais pleinement soi-même.

Pour conclure, je voudrais mettre en garde ceux qui combien de fois m’ont déclaré : « Oh, tu vis en Mongolie, quelle chance tu as ! » en leur disant qu’entre le fantasme qu’ils ont de ce pays ou la vision qu’ils en ont rapportée de leur voyage ou des reportages diffusés à la télé, ceci n’a absolument rien à voir avec la réalité que l’on peut vivre quand on réside dans ce pays.

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